NOOE est un Organisme Habilité (arrêté ministériel du 17 janvier 2020)
Attestation de Connaissances des Animaux de Compagnie d'Espèces Domestiques
CHIEN et CHAT

ACACED

Domaine : Santé Animale.

Catégorie d'animaux : Espèces autres que chiens et chats

Durée : 2 heures

Plan

 

I. Soins d'entretien et d'hygiène

 

La propreté d'un animal est un facteur majeur de son état de santé et de son bien-être.

 

            1. Pelage / Plumage

Un mammifère peut être lavé plusieurs fois par semaine. Il s'agit de s'assurer que les shampoings utilisés sont bien spécifiques de la peau des epèces concernées afin de ne pas perturber la flore cutanée.

Pour les oiseaux, une brumisation à l'eau claire est réalisable régulièrement. Un récipient avec de l'eau claire destiné au bain toutefois la meilleure solution car il permet à l'oiseau d'aller se baigner à son propre rythme.

            2. Oreilles

Des oreilles saines sont des oreilles propres. Pour entretenir cet état, il est possible d'utiliser des produits nettoyants spécialisés.

            Il faut introduire le produit nettoyant dans le conduit auditif, masser le conduit entièrement  Laisser l'animal secouer la tête et essuyer le surplus. Réitérer jusqu'à ce que le conduit soit propre. Ces actions sont d'autant plus importantes que les races concernées sont à oreilles tombantes. On évitera de nettoyer les oreilles avec du coton (ou des coton-tiges), on préférera l'utilisation de compresses non tissées (les compresses tissées peuvent avoir une action irritante).

            3. Yeux

Les yeux et les zones périphériques saines doivent être propres et ne doivent pas couler. Pour entretenir cet état, il est possible d'utiliser des produits nettoyants spécialisés.

De nombreux rongeurs peuvenet nécessiter une hygiène des yeux régulière. Les oiseaux peuvent aussi le nécessiter.

            4. Griffes

Si on doit couper les griffes d'un lapin ou d'un perroquet, il faut veiller à utiliser du matériel adapté et propre et à ne pas faire saigner l'animal pendant la coupe. Les points de repère anatomiques sur les griffes sont importants à bien vérifier avant chaque coupe.

 

 

II. État de santé de l'animal

 

            Un animal en bonne santé : boit, mange, se déplace, respire normalement, émet des selles en quantité et qualité normales,  interagit avec ses congénères et son environnement.

 

1.      Les principaux signes de bonne santé :

 

Pour les mammifères (lapins ; rongeurs ; équidés, bovidés...):

·         activité normale

·         poil brillant, sans zones dépilées ni collées (autour du nez ; des yeux ; de l'anus ou d'une plaie)

·         température normale pour les espèces concernées (cheval...)

 

Pour les oiseaux :

·         activité normale

·         plumage brillant sans zones déplumées ni collées (autour des yeuxou du cloaque)

 

2.      Les principaux signes d'alerte :

 

exemple : Rongeurs et Lapins

 

Signes

Hypothèses

Marche à suivre

Abattement ; Animal isolé des autres

Signe non spécifique : maladie infectieuse,

1. Animal placé en infirmerie

 

2. Regarder l’animal du bout du nez jusqu’au bout de la queue et noter les autres points qui paraissent anormaux

 

3. Regarder les autres animaux de la cage

 

PUIS

 

4. Appeler le vétérinaire en lui donnant toutes les informations

Anorexie ; l’animal ne mange plus et/ou ne boit plus

Signe non spécifique : maladie infectieuse

Poils collés autour des yeux ou autour du nez

Conjonctivite, Coryza …

Diarrhées ; vers dans les selles ; sang dans les selles

Gastro-entérites infectieuses ; alimentaires ; parasitaires, autres….

Peau anormale : croutes, rougeurs; absence diffuse de poils « boule »…

Gale ; autres ectoparasites, Abcès…

Zone circulaire sans poils

Teigne

Démangeaisons

Gale ; puces ; poux

Boiteries ; difficultés locomotrices

Traumatismes ; carences alimentaires


Exemple : Oiseaux.

 

Signes

Hypothèses

Marche à suivre

Abattement ; Animal isolé des autres ou sur le fond de la cage en boule

Signe non spécifique : maladie infectieuse,

1. Animal placé en infirmerie

 

2. Regarder l’animal du bout du bec jusqu’au bout de la queue et noter les autres points qui paraissent anormaux

 

3. Regarder les autres animaux de la cage et des cages voisines

 

PUIS

 

4. Appeler le vétérinaire en lui donnant toutes les informations

Anorexie ; l’animal ne mange plus et/ou ne boit plus

Signe non spécifique : maladie infectieuse

Plumes collées autour des yeux

Conjonctivite, pathologie des paupières …

Diarrhées ; vers dans les selles ; sang dans les selles

Gastro-entérites infectieuses ; alimentaires ; parasitaires, autres….

Peau anormale : croutes sur les pattes, croutes sur le bec; « boule »…

Gale ; autres ectoparasites, kystes plumeux…

Démangeaisons

Poux ; Mue

Boiteries ; Vol anormal

Traumatismes 


III. Les maladies.

 

1.      Maladie infectieuse

 

C'est une maladie provoquée par la transmission d'un micro-organisme (virus, bactérie, parasite, champignon) appelé également agent infectieux.

On aura donc parmi les maladies infectieuses, des maladies

- Virales :                    Rage chez les Mammifères à tous âges (zoonose réglementée)

                                   PBFD chez les psittacidés

 

- Bactériennes :          Chlamydophilose aviaire

                                   Columnariose des poissons

- Parasitaires :            Poux, Puces

                                   Coccidiose

                                   Gale des oreilles

                                   Vers : Ascaris, Taenia

 

- Fongiques :              Teigne (due à des Dermatophytes)

           

Lorsque les animaux vivent en collectivité, les critères de suspicion sont souvent liés à ces deux paramètres :

La morbidité d'une maladie : c'est le nombre d'individus malades ou le nombre de cas de la maladie dans une population déterminée, à un moment donné.

Le taux de mortalité : c'est le nombre de décès annuel sur le nombre d'individus dans une population.

            Les éléments de suspicion d'apparition d'une maladie infectieuse sont une augmentation du nombre d'animaux malades présentant des symptômes similaires et éventuellement d'une augmentation du taux de mortalité.  

 

Exemple : Maladies des poissons.

 

Signes

Hypothèses Maladies

Marche à suivre

Points blancs

Maladie des points blancs, Oodinium ; lymphocystose

Traiter avec un produit anti points blancs

Voile blanc sur le corps (eau chaude)

Protozoaires (Costia ; Trichodina ; Tétrahymena…)

Traiter avec un produit anti-protozoaire

Voile blanc sur le corps (eau froide)

Infection à Flavobacterium columnarae

Traiter avec un antibiotique. Une ordonnance doit impérativement accompagner le traitement.

Décoloration blanchâtre

Fausse Maladie du Néon ; Columnariose

Traiter avec un antibiotique. Une ordonnance doit impérativement accompagner le traitement.

Pourriture de la Bouche

Columnariose

Traiter avec un antibiotique. Une ordonnance doit impérativement accompagner le traitement.

Nageoires pincées ou effilochées

Pourriture des nageoires : Infections à Pseudomonas ou Aeromonas

Traiter avec un antibiotique. Une ordonnance doit impérativement accompagner le traitement.

Mortalité sans symptômes

Qualité de l’eau insuffisante.

Infection bactérienne.

Vérifier tous les paramètres de l’eau (température, pH, KH …)

Si tout est conforme, alors traiter avec un antibiotique. Une ordonnance doit impérativement accompagner le traitement.

Mortalité modérée et production de pustules sur le corps ; assombrissement des couleurs ; amaigrissement : principalement sur les Anabantidés

Suspicion de tuberculose à Mycobacterium marinum. C’est une maladie transmissible à l’Homme.

1. Ne pas mettre les mains dans l’eau

2. Soustraire les poissons à la vente

3. Appeler le vétérinaire

Amaigrissement

Vers intestinaux ; domination territoriale

Traiter avec un vermifuge. Une ordonnance doit impérativement accompagner le traitement

Parasites externes sur le corps

Poux ; Vers ancre

Traiter avec un antiparasitaire externe


2.      Maladie alimentaire

 

C'est une maladie due à un déséquilibre de l'alimentation, soit par excès (de sucres, de protéines, de lipides, de vitamines...) soit par défaut (vitamines, minéraux...) pouvant avoir des répercussions sur l'état de santé.

Exemples de maladies nutritionnelles : obésité, rachitisme, scorbut.


Cas du scorbut du cochon d'Inde.

 

Le cobaye est le seul rongeur incapable de synthétiser la vitamine C en raison d’une déficience naturelle en oxydase L gluconolactone, enzyme hépatique nécessaire à sa synthèse.

Une carence en vitamine C entraîne assez rapidement :
un déchaussement/perte des dents ; une inflammation des gencives, douleurs dentaires, malocclusions ; difficultés de locomotion ; croissance osseuse perturbée ; déformation des articulations ; inflammation/hémorragies musculaires ; atteintes podales (pododermatites érythémateuses puis ulcératives) ; mauvaise cicatrisation des plaies ; anorexie ; poil terne, sec, piqué ; dégradation de l'état général ; retard de croissance, amaigrissement ...

 

3.      Intoxication

 

C'est une maladie qui apparaît suite à la mise en contact avec un toxique. Par exemple, la consommation de raticide (souvent des anticoagulants) peut entrainer la mort de l'animal en l'absence de traitement. De même l'administration d'un médicament non adapté à un animal peut induire une grande toxicité, par exemple certains antibiotiques contre-indiqués chez le lapin. On sait aussi que certains produits (ivermectines par exemples) présentent des risques chez certaines espèces (abeilles).

 

Pour éviter les intoxications : ne jamais traiter les animaux sans avis médical, ne jamais laisser les animaux hors d'un container ou d'une cage adaptée.

 

                        4. La notion de période de risque : Cas du syndrôme coryza.


Le coryza est une maladie fréquente des lapins en collectivité. Elle illustre les notions de période de risque, d'immunité du jeune et de l'adulte ainsi que les notions de prévention et de mesures sépcifiques à mettre en place en collectivité.

- Immunité :

            La première immunité d'un jeune lapin provient du premier lait de sa mère : le colostrum. En effet ce colostrum est riche en anticorps qui vont le protéger contre les maladies contre la mère est vaccinée et celle pour lesquelles elle a une immunité efficace. Les anticorps, protéines de l'immunité, vont protéger le lapin tant qu'ils seront présents dans son corps.

- Exposition au risque

            Lorsque les jeunes animaux sont transportés et qu'ils changent d'environnement, ils sont stressés. Une des conséquences de ce stress est une chute d'immunité qui se traduit par l'apparition d'un syndrôme coryza (éternuements, jetage).

- Prévention :

            Cette maladie est contagieuse. Elle se transmet entre animaux par contact direct ou par l'intermédiaire de supports. Les lieux de regroupement sont donc des endroits très à risque. Une quarantaine à l'arrivée est donc une mesure indispensable pour protéger les autres lapins et limiter les conséquences de cette période de risques.


IV. Premiers soins simples.

 

            En cas d'apparition de symptômes d'une maladie (infectieuse ou non) et avant la visite du vétérinaire certaines mesures conservatoires doivent être prises :

 

·         Isolement de l'animal malade dans une cage-infirmerie, maintien de la température corporelle, si besoin administration d'un réhydratant par voie orale, nettoyage des secrétions qui peuvent obstruer les narines. Aucun traitement ne doit être administré sans l'avis d'un vétérinaire.

·         En cas de troubles digestifs il est préférable de laisser l'animal à jeûn mais le vétérinaire doit le consulter dans la journée.

·         En cas de fièvre, on peut mouiller l'animal avec de l'eau froide pour faire baisser la température corporelle.

·         En cas de blessures légères, nettoyer et désinfecter la plaie, éventuellement couper les poils ou les plumes autour de la plaie pour éviter qu'elle ne soit souillée d'avantage.

 

V. Prophylaxie sanitaire et médicale.

 

Pour prévenir l'apparition ou la dispersion de maladies contagieuses, certaines précautions doivent être prises :

 

1. Mesures sanitaires

Nettoyage et désinfection réguliers, quarantaine des nouveaux arrivants, isolement des animaux malades et nettoyages du matériel utilisé par ses animaux.

 

2. Mesures médicales

Vaccination  et traitements anti-parasitaires internes (vermifuge) et externes (anti-puces, anti-poux...)

Ces traitements sont indispensables lorsque les animaux vivent en collectivité. Rongeurs, oiseaux etc...doivent faire l'objet de protocoles spécifiques.

 

 Exemple de mesures préventives pour des oiseaux.

 

CRITÈRES

RECOMMANDATIONS

Acclimatation

Nouveaux arrivants : Installation dans des cages propres.

 

Adaptation aux nouvelles conditions par :

Mettre à disposition de l’eau claire acidifiée (eau osmose ou eau de robinet avec du vinaigre alimentaire) dans une gamelle propre. .

Mettre à disposition une litière propre.

Mettre un mélange de graines adapté au besoin de chaque espèce, disposées à la fois sur le sol et dans une gamelle.

Respecter les lots constitués au moment du transport

 

Observation des oiseaux pendant quelques temps après introduction dans la cage afin de s’assurer que les animaux ne présentent pas de comportementaux anormaux.

 

Fin de la quarantaine à la fin de la période d’acclimatation s’ils ne présentent pas de signes suspects

 

La quarantaine peut se poursuivre pendant plusieurs jours en cas de mortalité, morbidité ou de première commande chez un nouveau fournisseur.

 

Soins préventifs

 

 

 

Soins préconisés

Aucun soin ne doit être systématique mais réalisé en fonction des besoins.

 

Soins occasionnels

 

Pendant toute la durée du traitement, les oiseaux ne sont pas autorisés à la vente. Ils doivent être en quarantaine ou à défaut il doit être fait mention sur l’étiquette clairement la date de disponibilité des animaux.

 

Antiparasitaire externe : TOUS doivent être traités. Traiter les animaux un par un avant de les introduire dans la cage. A renouveler en fonction de la durée du séjour et sur prescription du vétérinaire.

 

Antiparasitaire interne : TOUS doivent être traités. Intégration du produit (sur prescription vétérinaire) à l’eau de boisson le lendemain de l’arrivage. A renouveler selon la durée du séjour et sur prescription du vétérinaire.

 

 

En fonction des espèces, de l’historique des réceptions récentes et de l’état des animaux à la réception.

 

Anti- infectieux : sur prescription vétérinaire il est possible de traiter des animaux en action préventive.


VI. Urgences


L'urgence vitale est trè difficile à gérer. Le réflexe le meilleur et de tenter de joindre un vétérinaire et de suivre ses indications.

 

Voici quelques cas particuliers et les actions spécifiques à mener.

 

En cas d'hémorragies liées à un accident, il faut effectuer une compression directe sur la plaie pendant au moins 5 minutes, jusqu'à ce que le saignement cesse (ou jusqu'à l'application d'un pansement compressif par un vétérinaire). On peut également arrêter le saignement par un point de compression sur une artère en amont de l'hémorragie. Pour prévenir le risque d'hémorragie il faut éviter de mettre les animaux en contacts avec des objets coupants et on s'assure que les animaux peuvent cohabiter ensemble sans se battre.

 

En cas d'hypothermie, l'animal doit être réchauffé rapidement, en le plaçant sous une lampe chauffante (attention à la distance pour ne pas le brûler), à l'aide de bouillote (bien emballée pour ne pas le brûler) ou d'un tapis chauffant. Il faut vérifier sa température régulièrement quand cela est possible.

Le cas d'hyperthermie n'est généralement pas un cas d'urgence.

 

En cas d'intoxication, il convient d'essayer de trouver en priorité le produit incriminé. En effet, les traitements sont très différents selon les familles de toxiques. Sans ces informations, les traitements restent bien souvent « symptômatiques ».