NOOE est un Organisme Habilité (arrêté ministériel du 17 janvier 2020)
Attestation de Connaissances des Animaux de Compagnie d'Espèces Domestiques
CHIEN et CHAT

ACACED

Domaine : Reproduction

Catégorie d'animaux : Chien

Durée : 2 heures

Plan


I.       Anatomie des appareils génitaux mâle et femelle

 

Les organes génitaux se décomposent en 3 parties :

 

-        les gonades (ovaires chez la femelle et testicules chez le mâle), encore appelées glandes génitales. Elles produisent les cellules reproductrices à savoir les ovules chez la femelle et les spermatozoïdes chez le mâle.

Les ovaires sont intra-abdominales alors que les testicules sont externes chez le mâle. Ils sont logés dans les bourses. Ils sont palpables dès le plus jeune âge (descente scrotale à 10 jours).

-        les voies génitales qui permettent de transporter mais aussi de nourrir et de stocker les cellules reproductrices jusqu’à leur maturation.

-        les organes génitaux externes qui sont composés par les organes d'accouplement, le pénis chez le chien mâle ou la vulve chez la chienne, et les glandes annexes comme la prostate qui sécrète une partie du liquide séminal, l'un des constituants du sperme. Chez le mâle, il existe un os pénien et des bulbes érectiles qui permettent le verrouilage des deux partenaires durant la saillie.


II.    Les chaleurs : signes cliniques et comportementaux. Détection.


Définition : manifestations physiologiques et comportementales qui correspondent à la période ou les femelles sont sexuellement actives et prêtes à être fécondées.

Chez la chienne, les chaleurs ont lieu une à deux fois par an. Leur durée est variable ; elles peuvent aller d'une dizaine de jours à plus de 30 (en moyenne 3 semaines). Les variations sont raciales et individuelles.

 

1.      Prooestrus.

 

La première phase des chaleurs s'appelle le pro-oestrus (10 jours en moyenne).

On observe généralement un gonflement de la vulve, une forte congestion du vagin et des lèvres vulvaires et un écoulement sanguinolant d'origine utérine. Les mâles sont attirés mais la femelle n'accepte pas l'accouplement.

2.      Oestrus.

 

La seconde phase est l'oestrus (période de l'ovulation). Elle dure en moyenne 7 jours. La chienne modifie son comportement en acceptant l'accouplement.

3.      Dioestrus.

 

La troisième phase est le dioestrus (2 mois). Elle est caractérisée par une production hormonale identique à l'oestrus sans acceptation des mâles.

4.      Anoestrus.

 

La dernière phase du cycle est l'anoestrus qui marque le repos hormonal. 3 mois environ.

 

5.      Détection.

 

La maturité sexuelle est atteinte plus vite chez les petites races : 6/7 mois contre 12/16 mois pour les grandes races.

Les éleveurs canins doivent attendre le second cycle sexuel pour mettre des jeunes femelles à la reproduction.

Chaque femelle ne peut pas mettre bas plus de trois fois sur une période de 2 ans.

 

Pour assurer un bon suivi des chaleurs et de la période d'ovulation, l'éleveur peut :

·         effectuer une saillie systématiquement 12 jours après les premières pertes sanguines (aléatoire).

·         surveiller un éclaircissement des pertes vulvaires qui signe la fin du pro-oestrus (peu précis)

·         acceptation du mâle ; port de la queue dévié (très aléatoire)

·         mesurer la résistivité du mucus vaginal (cela nécessite plusieurs mesure et doit être complété par des dosages hormonaux)

·         effectuer des frottis vaginaux (méthode un peu longue mais beaucoup plus précise)

·         dosage de la progestérone sanguine (méthode longue et un peu couteuse mais très précise)

·         échographie  ovarienne (très précise mais nécessite un vétérinaire expérimenté


III. Maîtrise de la reproduction. Définitions.

 

                        1. Empêcher la reproduction.

 

·         La stérilisation chirurgicale (irréversible), consiste à retirer les glandes génitales à savoir les ovaires ou les testicules. On parle d'ovariectomie chez la femelle et de castration chez le mâle.

·         La stérilisation chimique est réversible. Le vétérinaire peut procéder à une injection, poser un implant ou prescrire des médicaments pour empêcher temporairement la reproduction. Mais ces derniers peuvent avoir des effets secondaires non négligeables pour la santé des animaux (cancers). Elles ne doivent pas être répétées trop souvent. Les stérilisations chimiques sont beaucoup plus fréquemment pratiquée sur les femelles que sur les mâles.

 

                        2. Interrompre la gestation.

 

·         Pour interrompre une gestation, le vétérinaire peut pratiquer de façon réversible ou non. Dans le premier cas, il peut, dans certaines conditions seulement, injecter des médicaments abortifs. La chienne pourra revenir en chaleurs et reproduire à nouveau. Dans le second cas, il peut pratiquer  une ovario-hystérectomie c’est-à-dire le retrait des ovaires et de l’utérus. Le chienne ne pourra plus jamais reproduire.

·         Une interruption médicale de gestation est conseillée par exemple, lorsqu'une chienne a été saillie par un mâle beaucoup plus grand ou lorsqu'elle ne peut supporter la lourdeur d’une gestation.


·         IV. Les différentes étapes de la reproduction.

1.      Accouplement

1.      Monte naturelle.

Pour qu’un accouplement naturel se passe dans les meilleures conditions il faut laisser le mâle et la femelle en chaleurs isolés pendant un laps de temps suffisamment long et s'assurer que le mâle et la femelle soient indemnes de maladies qui pourraient provoquer une baisse de la fécondité ou une hausse de la mortalité embryonnaire (herpèsvirus, mycoplasmes…)

Il ne faut jamais interrompre un chien et une chienne au cours d'un coït car il y a un risque de fracture de l'os pénien, l’os présent dans le pénis du chien. Lors de l'accouplement, sa présence cause des douleurs à la femelle, qui va en retour contracter fortement son vagin. Ainsi post coït le chien et la chienne restent en moyenne « attachés », « collés » l’un à l’autre par le biais de cet os pénien pendant environ une trentaine de minutes.)

C'est la méthode à privilégier (facile ; économique)

 

2.      Insémination artificielle

1.      Semence fraîche

Parfois, pour diverses raisons, la monte naturelle n'abouti pas à la production souhaitée. Il est parfois nécessaire d'avoir recours à la métode de l'insémination artificielle. Elle consiste à récolter la semence du mâle et à la réintroduire immédiatement dans les voies génitales de la femelle. Cette méthode se pratique avec succès lorsque les difficultés en monte naturelle avaient comme origine des aspects comportementaux (femelle dominante ; inexpérience des acteurs ; manque de libido...) ou morphologiques (étroitesse des voies génitales femelles : mâle trop gros...) ou encore pour des raisons sanitaires (limiter le risque de maladies sexuellement transmissibles)

2.      Semence réfrigérée.

Cette technique est destinée à pallier l'éloignement des reproducteurs . Elle se fait pour des distances moyennes car la réfrigération ne permet pas une longue conservation du sperme.

3.      Semence congelée.

Très réglementée, cette technique est généralement utilisée pour des animaux à forte valeur ou pour des raisons de préservation des races. Les banques de spermes canins ne sont que des intermédiaires dans les transactions car il faut impérativement les accords des propriétaires pour effectuer les inséminations.


2.      Gestation

1. Diagnostic

Il peut se faire de plusieurs façons, de précocité, de fiabilité et de coûts très variables.

 

·         Palpation abdominale. Méthode pratiquée à partir de la 3ème semaine de gestation mais qui reste peu fiable (sauf en fin de gestation).

·         Echographie. Cette méthode est pratiquée dès le 25ème jour de gestation. Non invasive, elle ne permet pas de doner avec précision le nombre de chiot mais elle permet d'en avaluer la viabilité.

·         Dosage de la relaxine. Alternative intéressante à l'absence d'échographe, elle se pratique vers le 25ème jour de gestation. C'est un indicateur fiable mais qui présente l'inconvénient de ne pas permettre la viabilité des embryons car la relaxine est émise même si les embryons sont morts.

·         Radiographie. Ne peut être faite qu'à partir de 50 jours de gestation. Elle permet un comptage récis des fœtus mais ne permet pas l'évaluation de leur viabilité.


2. Durée

 

·         Durée de gestation chez la chienne oscille de 59 à 63 jours. Mais la période entre la mise bas et la fécondation (rencontre ovule et speatozoïde) est toujours la même : 60 jours.

 

3. Gestion de la chienne pendant la gestation

 

Pendant la gestation, il convient :

·         de vacciner le reproductrice si cela est nécessaire (consulter le vétérinaire pour un avis adapté)

·         de vermifuger la reproductrice afin de limiter les risques de transmissions de vers entre la mère et les chiots (consulter le vétérinaire pour un avis adapté)

·         d'alimenter la reproductrice de façon à tenir compte des modifications des besoins alimentaires liés à la gestation. En pratique, le début de gestation ne nécessite que l'ajustement alimentaire de certains microéléments (acide folique par exemple concernant les riques de fentes palatines). A partir de la 5ème semaine, il convient d'augmenter la couverture énergétique hebdomadaire de 10 %. C'est seulement à partir du 42 ème jour que l'on pourra nourrir exclusivement la reproductrice avec un aliment énergétique. La distribution alimentaire ne doit pas se faire de façon ad libitum mais de façon très contrôlée. La prise de poids de la reproductrice doit être hebdomadaire. Elle ne doit prendre que 25 à 30 % de plus que son poids sur l'ensemble de la gestation. Trop alimentée, la femelle s'expose à des difficultés au moment de la mise bas

·         de faire entrer la femelle en « maternité » à 10 jours environ du terme. Elle sera toilettée, lavée, tondue et préparée dans un environnement propre à la mise bas

·         de prendre sa température deux fois par jour afin d'anticiper la mise bas (chute temporaire de 1 °C environ à 12-24 heures de la mise bas)

 


                        4. Signes de complications pendant la gestation :

 

·         la femelle ne s'alimente plus

·         elle présente des pertes vulvaires anormales (avortement)

·         elle boit brusquement énormément

·         elle présente des signes neurologiques (convulsions : hypocalcémie / coma : hypolycémie)


            5. Mise bas / Naissance

 

Lors de la mise bas, les mamelles gonflent, la vulve se dilate, la femelle est agitée, peut devenir anorexique. Sa silhouette se modifie sous l'effet de l'imprégation oestrogénique. On dit qu'elle se « casse ». Puis, on observe des contractions multiples, la femelle est en position accroupie pour expulser les fœtus.  L'écoulement du bouchon muqueux (liquide translucide filant à la commissure vilvaire) signe l'imminescence de la mise bas. Lorque les placentas se décolent, un liquid vert sort de l'utérus ; c'est le début de la mise bas.

Il peut y avoir un espace de maximum 1 heure entre 2 chiots à partir du moment où les contractions ont repris. Les mise-bas les plus longues, sur des premières gestations, peuvent durer jusqu'à 36h mais en général elle dure entre 2 et 12h chez la chienne.

Enfin, les placentas doivent tous être expulsés dans les 24h.

Après l'expulsion des fœtus, la chienne déchire la membrane amniotique qui entoure le petit, elle rompt le cordon ombilical et lèche le petit pour le sécher et activer la circulation sanguine ainsi que les autres réflexes indispensables à sa survie comme la respiration.


6. Les soins de base aux jeunes et aux mères. Nursing.

1. Soins aux jeunes.

 

En théorie, il n'est nul besoin d'assister les mises bas ; la mère est censée le faire. Toutefois, la réalité est bien différente.

·         Expulsion des chiots.

La présentation normale est une présentation avant (tête la première). Parfois, la présentation est arrière. Cette dernière est généralement plus délicate et il n'est pas rare que l'éleveur soit obligé d'aider l'expulsion du chiot. Il doit le faire avec précautions.

·         Dégagement des voies respiratoires.

Sorti de la poche, le chiot a une grande quantité de liquide amiotique dans les voies respiratoires. Il convient d'aspirer délicatemment le liquide à l'aide d'un « mouche bébé ». Parfois, l'utilisation d'un analeptique respiratoire aide à lancer une bonne fréquence respiratoire. L'utilisation de ce produit ne doit se faire qu'après dégagement des voies respiratoires car dans le cas contraire, le risque est important d'asphyxier le nouveau-né.

·         Sécher et stimuler

à l'aide de tissus propres, il faut frictionner les chiots et les sécher. L'utilisation de sèche cheveux risque de bruler les jeunes animaux.

·         Couper et Désinfecter le cordon ombilical.

Si la mère ne le fait pas, il faut le faire à sa place. Avec des mains nettoyées et désinfectées et des instruments stériles : il faut déchirer la membrane, faire 2  nœuds à 2 et 4cm de l'ombilic avec un fil stérile sur le cordon ombilical et couper entre ces 2 nœuds.

·         Mise à la mamelle

Le chiot doit très vite être mis à la mamelle (les plus inguinales de préférence) pour ingérer le colostrum (premier lait composé d'anticorps maternels)

·         Peser.

Ces données sont indispensables pour évaluer l'état de santé des nouveaux-nés dans les jours qui suivent.


                        2. Soins à la mère.

 

Il importe de s'assurer que la mère a bien terminé l'expulsion de tous les chiots afin qu'aucun ne reste à l'intérieur de l'utérus.

Il faut s'assurer que la mère ait un accès permanent à l'eau et à l'alimentation. Elle entame une période très consommatrice en énergie. Il faut lui assurer l'apport d'aliments très énergétiques et très riches en protéines.

Une suveillance rapprochée est nécessaire dans les jours qui suivent la mise bas : évaluation du comportement de la mère (abreuvement ; alimentation, comportement maternel...). Il convient aussi de s'assurer que la jeune mère produit suffisamment de lait.


                        3. Les signes de complications autour de la mise bas.

 

                                   a. A la mise bas, il faut s'inquiéter si :

 

·         les contractions n'entraînent pas d'expulsion de fœtus au-delà d'1h ou s'il n'y a que de faibles contractions qui n'entraînent pas d'expulsion de fœtus, aucune contraction n'apparaît plus de 24-36h après la baisse de température.

·         s'il y a plus de 4h d'intervalle entre l'expulsion de 2 fœtus

·         si un fœtus reste coincé dans le bassin plus de 10 minutes (visible à la vulve)

·         si un écoulement vulvaire noir, purulent ou hémorragique apparaît

·         si la chienne souffre

 

                                   b. Après la mise bas, il faut s'inquiéter si :

 

·         si la chienne pert l'appétit et se désintéresse de sa portée (mammite)

·         si la chienne convulse (éclampsie)

·         si la chienne présente des écoulements sales de façon persistante (quelques jours à quelques semaines après le part)